Jeudi 12 janvier 2012
4
12
/01
/Jan
/2012
16:04
Supprimer le quotient
familial : les gagnants et les perdantsEnvoyer l'article par
email
La direction du Trésor
vient de consacrer une note de 150 pages dans laquelle elle détaille les effets d'une réforme du quotient familial : remplacer le quotient familial par un crédit d'impôt forfaitaire pour chaque
enfant, une idée avancée par François Hollande. Quelques jours après Rue89 et son
article «
Oui, un enfant de riches coûte plus cher à l'Etat qu'un enfant de pauvres », ce sont aujourd'hui les fonctionnaires de Bercy qui démontrent les inégalités intrinsèques des baisses d'impôt liées
au quotient familial.
Créé au lendemain de la
Seconde Guerre mondiale, le quotient familial était au départ une mesure de justice sociale destinée à réduire les impôts des couples qui devaient supporter des dépenses liées à leur
progéniture.
Or, cette mesure est loin
d'être parfaite : l'avantage fiscal apporté croît avec le revenu du foyer. Il existe des plafonnements nous diront certains... Soit, mais ils n'empêchent pas les 10% les plus riches (parmi les
foyers qui payent l'impôt sur le revenu) de capter, selon le Trésor, plus du quart des 10 milliards d'euros de baisses d'impôt qu'apporte le quotient familial (2,9 milliards
d'euros).
Le projet
socialiste réduirait les inégalités
Suite à ces constatations,
le Trésor a testé plusieurs scénarios de réforme du quotient familial. Selon Les Echos : « L'intérêt de ces simulations est
qu'elles collent parfaitement avec le projet socialiste : les scénarios étudiés ont été calibrés pour assurer un rendement constant pour l'Etat, ce qui est l'objectif visé par François Hollande.
» Verdict de
ces différentes simulations (réduction d'impôt, abattement sur le salaire imposable, crédit d'impôt, etc.) : le projet du PS – remplacer le quotient familial par un crédit d'impôt forfaitaire
pour chaque enfant – est celui qui, selon Les Echos, « réduit le plus les inégalités », car c'est « le seul à bénéficier aux non-imposables ». Afin d'assurer un rendement constant,
le PS devrait reverser l'intégralité des gains liés à la suppression du quotient familial à tous les ménages ayant des enfants. Cela signifierait un crédit d'impôt de 607 euros par
enfant, selon les calculs de la direction du Trésor.
Qui gagne ? Qui
perd ?
La réforme aurait, toujours
selon Les Echos, des effets « massifs » : « La moitié la plus riche de la population reverserait 3,5 milliards
d'euros à la moitié la plus pauvre.
Dans le détail, elle ferait
près de 5 millions de gagnants (à hauteur de 829 euros par an en moyenne) et un peu moins de 4,5 millions de perdants (à hauteur de 931 euros en moyenne).
Pour près de deux tiers des
ménages, la réforme serait neutre.
Les pertes seraient
considérables pour les familles de plus de trois enfants aux revenus élevés. Elles perdraient jusqu'à 1 692 euros pour chacun des deux premiers enfants, 3 384 euros pour chacun des suivants
» Renaud Février (Rue
89)
Rien
pour les Groseille
Le quotient familial, c'est
une machine à aider les familles nombreuses... à l'exclusion des plus modestes d'entre elles. Elles ne gagnent pas assez d'argent pour payer l'impôt sur le revenu. Pas d'impôt, pas de réduction
d'impôt.
L'Etat offre ainsi chaque
année des milliers d'euros sous forme de réduction d'impôt à la famille Le Quesnoy, mais pas un centime à la famille Groseille. La progressivité de
l'impôt en France est, de fait, minée par ce système : plus une famille a de hauts revenus, plus l'aide par enfant est forte. Si vous gagnez 300 000 euros avec six enfants, le cadeau est de 22
000 euros.
|
Oscar
du meilleur
scénario-
catastrophe
2007 / 2012
|
|