Argent content...

Publié le 24 Août 2014

Argent content...

Afin de clore notre série animalière estivale, nous aurions pu, à nouveau, solliciter la métaphore en mettant en exergue le rôle des vautours, des hyènes et autres charognards, au vu de l'actualité économique. Mais il est bon, parfois, d'appeler un chat: un chat et de se passer de cette figure de rhétorique analogique, surtout lorsque l'indignation est trop forte.

Or, qu'avons-nous appris, ces derniers jours ? La France est devenue, au dernier trimestre, la championne d'Europe des dividendes versés aux actionnaires (31 milliards € = +30%), et qu'au même moment les investissements des entreprises ont encore baissé alors qu'elles ont touché la première tranche (7 milliards) du CICE consenti par le gouvernement.

Ce crédit d'impôt était initialement prévu pour améliorer la compétitivité des entreprises et favoriser l'emploi et l'investissement. Cette mesure répondait à l'attente de ceux qui estiment que le problème principal de l'économie française est dû à un manque de compétitivité dans le capharnaüm de la compétition européenne et mondiale. Ce cadeau fiscal devait les aider à se remettre à flot pour renflouer leur trésorerie et investir dans la recherche et le développement de leur activité afin de créer de nouveaux emplois.

En outre, face à la conjoncture économique plus que morose et l'aggravation de la situation de l'emploi, il a été décidé de pratiquer ouvertement une politique de l'offre avec le pacte de responsabilité en faveur des entreprises (41 milliards) censé les aider à reconstituer leurs marges en baissant les charges salariales notamment. Dans le même temps, un effort fiscal supplémentaire était demandé aux ménages pour réduire les déficits sociaux et le poids de la dette.

On peut légitimement s'interroger sur l'efficacité de ces mesures lorsque l'on voit l'utilisation qui est faite de ces cadeaux fiscaux. Destinés à l'investissement productif, ils sont détournés sur le compte des actionnaires pour consolider leur capital de façon outrancière. Face aux 30% d'augmentation des dividendes français, les actionnaires allemands se contentent de +4% et les anglais de +9%, bien au-delà de l'inflation quand même.

Que peut-on déduire d'une telle situation ? Est-il raisonnable de nouer un deal basé sur la confiance avec des partenaires sans scrupules qui n'ont, semble-t-il, pour seul devise: Prends l'oseille et tire-toi !.

Nous avons encore dans les oreilles les jérémiades du "patron des patrons" exhortant nos gouvernants à soulager les "contraintes" des entreprises soi-disant exsangues et asphyxiées par les charges. Avec le soutien fervent de la camarilla d'économistes disciples de Milton Friedman, adeptes du "toujours-moins-d'Etat" mais n'hésitant pas, néanmoins, à trouver normal de tendre la sébile à tout propos en application du fameux théorème: Les profits sont privés mais les déficits sont publics. Oubliant au passage les bilans "arrangés" ainsi que les délocalisations de sièges sociaux et de patrons-actionnaires, outre-Quiévrain ou ailleurs en Europe septentrionale.

Pourtant nous étions prévenus. Mr Gattaz n'avait-il pas dit qu'il ne pouvait garantir aucune contrepartie en matière d'investissement et d'emploi, en échange du pactole reçu. Sachant que les promesses n'engagent que les récipiendaires, il perpétue la tradition familiale de son père qui, à la même place dans les années 80, promettait 500 000 emplois si l'on allégeait les procédures de licenciement. On les attend toujours.

Hormis quelques exceptions notables d'entrepreneurs dynamiques et inventifs, nous mesurons, une fois encore, la réalité et la mentalité d'une partie du patronat français imbu de lui-même, sûr de lui, privilégiant la rente sur le risque et l'investissement productif. Bien souvent "fils d'archevêques" ou simplement héritiers cooptés, ils n'ont comme seule doctrine commerciale que celle du boutiquier craintif et plaintif oeuvrant, au jour le jour, à faire grossir sa cagnotte aux dépends de ceux qui l'écoutent.

Triste constat. Ces vautours méritent-ils de rester une espèce protégée ?..MB

Argent content...

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Y
Je reprends votre titre :<br /> &quot;Décrire et commenter l'actualité locale, nationale et internationale.&quot;<br /> <br /> Vous êtes au courant que votre parti bouge dans tous les sens depuis hier ?<br /> <br /> Ce serait le moment d'informer et commenter, vous qui en faites une tartine sur un &quot;tweet&quot; d'une opposante ne cherchant qu'à faire parler d'elle !
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Y
Je prenais juste un exemple pour dire que vous allez vite à commenter certains sujets mais pas d'autres qui devraient vous concerner au premier chef !
M
Si l'on sait lire entre les lignes, cet article développe un point de vue politique sur le fond au-delà des péripéties polémiques.
Y
Il y a même des restrictions dans les pseudos !<br /> <br /> Pourquoi seulement y ?
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Y
A propos de finances, il parait que vous en cherchez un nouveau ministre ?<br /> <br /> Après la valse à quatre temps, Valls à quatre mois.
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M
C'était, bien sûr, une phrase ironique mais le point d'ironie manque sur les claviers. D'ailleurs, il faudrait l'inventer..
Y
Rassurer les marchés ?<br /> Ce ne serait pas une expression de droite ?<br /> Attention !
M
Valls a mis le temps (!?) mais il a certainement trouvé le bon candidat qui rassurera les marchés...