Buisson ardent..

Publié le 2 Octobre 2016

Buisson ardent..

"Annus horribilis" (année horrible) avait dit un jour la reine d'Angleterre. S'il avait des Lettres, Nicolas Sarkozy pourrait reprendre l'expression à son compte en remplaçant annus par septimana à propos de la semaine qu'il vient de vivre.

Dès lundi, très mauvaise nouvelle: son ancien numéro un du renseignement intérieur resté proche, Bernard Squarcini, dont on a appris la garde à vue puis la mise en examen pour trafic d’influence et détournement de fonds publics.

Mardi, on apprenait que la Justice dispose de carnets d’un ancien dignitaire libyen consignant des versements au profit de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy. Plusieurs millions d'Euros, ce qui fait cher pour une place de camping en plein centre de Paris. Mercredi, son ancien conseiller de l'ombre Patrick Buisson entame sa tournée des média pour faire la promotion de son livre de mémoires basé sur les enregistrements sauvages effectués durant son séjour à l'Elysée. Verbatim et tout le toutim !..

Et ça décoiffe ! « Sarkozy n’a pas la moindre conviction, que son intérêt du moment et comme son intérêt change, il passe son temps à changer d’idées, en y mettant toute la force de ses sincérités successives ». L’ancien président et son « narcissisme, son incontinence du moi…ce ludion aux ray bans d’aviateur, ce trader court-termiste, ce nain politique, ce président selfie, » conduirait la droite à être « une nouvelle fois cocue s’il était réélu ». Au fond « ce chef né pour cheffer est en réalité un fragile séducteur subjugué par ses conquêtes, un faux dur submergé par un état permanent de dépendance affective"... Voilà pour le diagnostic sur sa personnalité. Et ça se soigne, docteur ?..

Plus déterminante est la révélation de ses accointances avec les idées du Front national qu'il estime proches des siennes et de son parti. Seule la manière dont le FN les exprime lui paraît choquante pour beaucoup. Le livre rapporte même qu'il aurait cherché à se rapprocher de Jean-Marie Le Pen à la veille de l'élection présidentielle en 2007 pour faire barrage à Ségolène Royal. Depuis, on a pu constater qu'il a abandonné ce genre de pudibonderie dans l'expression orale. Gauloiseries à gogos !..

S'estimant le meilleur de tous, il n'a pas de mots assez durs pour "tailler un costard" à ses condisciples. Chirac, "un type corrompu". Et c'est un expert qui parle ! Fillon, "un pauvre type, minable". Baroin, "un second rôle acheté à la baisse". Bertrand, "un méchant" aigri. Larcher, "trop gros, trop laid pour être ministre". Estrosi, "un abruti qui a une noisette dans la tête".​ Pas vrai ?.. Un vrai jeu de massacre !..

Face au tollé provoqué par ces révélations bien peu flatteuses, il a dû faire donner la garde rapprochée des vieux grognards (Hortefeux, Woerth, Dati) et des jeunes briscards (Wauquiez, Chatel) pour assurer une défense aléatoire et couvrir d'opprobre "le traître, le galeux, le vendu" qui a osé dénigrer son ancien patron. Sauf qu'en disant cela ils aggravent le discrédit de l'Ex qui a fricoté avec un homme aussi peu recommandable pendant sept ans, faisant de lui son âme damnée et l'a même enrichi en lui commandant force sondages d'opinions sans aucun appel d'offre. Affaire en cours d'instruction parmi dix autres le concernant. Une paille !..

Mais la semaine de tous les dangers n'était pas finie. Jeudi soir, trois millions de téléspectateurs ont pu voir dans "Envoyé spécial" une enquête sans complaisance sur l'affaire Bygmalion et les comptes truqués de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012. Avec le témoignage convaincant du gérant de la société chargée de l'organisation de la quarantaine de meetings fastueux organisés à la demande du candidat. Factures à l'appui, il a démontré et démonté tout le système de double facturation mis en place pour éviter de faire exploser le budget officiel. Alors qu'en réalité ce stratagème a abouti au doublement des frais de campagne, pour le moins. Champagne everybody !..

Qui peut encore douter que le principal intéressé n'était au courant de rien ? Lui qui a mené tant de campagnes électorales durant sa longue vie politique. Lui qui a été directeur de campagne de Balladur en 95. Lui qui a signé le bordereau "certifié honnête" de ses comptes de campagne. Ni responsable, ni coupable ? A d'autres !..

Comment un certain nombre de Français peuvent-ils en toute bonne foi rester sourds et aveugles devant un tel faisceau de suspicions et une telle accumulation d'accusations graves étayées par des preuves tangibles ? Comment accorder sa confiance à un homme déjà mis en examen pour "financement illégal de campagne électorale" et d'autre part pour « corruption active », « trafic d’influence » et « recel de violation du secret professionnel". Avec à la clé la menace du parquet d'être renvoyé en correctionnelle pour cet innocent aux mains si pleines.

L'air de la calomnie ne devrait pas suffire à l'en dédouaner et à nous convaincre de sa probité. . Le pauvre diable !.. MB

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PS 1: Last but not least ! Alain Delon, l'ex-SamouraÏ fatigué de la vie annonce qu'il votera Juppé à la Primaire et ne soutiendra plus Sarkozy car, dit-il : "C'est lui qui m'a quitté, ce n'est pas moi. Il m'a largué, je ne sais même plus si j'existe à ses yeux, alors que voulez-vous que je fasse, que j'aille en rampant le chercher ?". Décidément, quand ça ne veut pas le faire, ça veut pas !.. . Autrement dit selon l'expression chiraquienne: "Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille !"

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PS 2: Même à Arcachon, fief jadis ultra-sarkozyste, la côte de l'Ex paraît en berne. Samedi dernier, Brice Hortefeux, "l'assis chien fidèle !", était venu prêcher la bonne parole et prôner le "bon vote"à la primaire de la droite, à l'Olympia salle de spectacles qui peut accueillir mille personnes. Or, ils n'étaient que quatre cents aficionados à s'être déplacés. Où donc étaient les autres ? Peut-être en train de soigner leurs embarras gastriques suite aux révélations d'Envoyé spécial sur le financement de la campagne présidentielle en 2012. Certains ont dû garder sur l'estomac leur chèque de participation au Sarkothon destiné à renflouer les caisses de leur parti menacé de faillite par cette cavalerie comptable qualifiée de "balivernes" par l'orateur qui soigne sa bonne mine à la carotène comme Donald Trump, la tignasse rousse (?) et le brushing en moins. Qui se ressemble...

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PS 3: Erratum. Mal renseignés, nous avons mentionné que cette réunion s'était tenue dans la grande salle de l'Olympia. Or, en fait, celle-ci a eu lieu au foyer Arlequin de cet édifice culturel. Là où se tiennent certaines manifestations dont le public est réduit (Jeudi Jazz, Avant-scène). . Cet espace est loin de pouvoir accueillir quatre cents personnes à moins de les faire entrer "au chausse-pied" et de les faire tenir debout serrés comme dans le "métro à six heures du soir". . S'il y avait des places assises pour l'assistance, nous évaluons plutôt leur nombre à deux cents. Ce qui renforce d'autant notre propos liminaire. Pour solde de tout compte...

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Buisson ardent..
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