Tsunami..

Publié le 12 Juin 2017

La météo des sondages avait eu beau l'annoncer, l'arrivée du tsunami En Marche ! en a laissé plus d'un pantois. Ce raz-de-marée a tout balayé sur son passage ne laissant que des ruines et de la dévastation chez certains. Tous les édifices politiques anciens ont été touchés à divers degrés. Le réveil est amer.

A commencer pour la maison PS érigée en citadelle assiégée depuis le lourd échec de son candidat à l'élection présidentielle. Celui-ci évoque le mythe de Sisyphe pour illustrer son combat sans remettre en question une quelconque erreur de stratégie ou de programme mais en mettant en cause les média ou ses adversaires. Ce qui semble un peu court comme argumentaire. Et presque malhonnête. Ou, à tout le moins , de mauvaise foi.

D'autant qu'il faisait partie de ceux qui avaient critiqué la gouvernance Hollande après l'avoir quittée. Non sans avoir initié quelques réformes pragmatiques sur les contrats d'assurances, le surendettement des ménages, les actions de groupe ou le paiement des places de parking en tant que ministre de la consommation. D'où la surprise provoquée par son programme prospectif déconnecté de la réalité immédiate. Sans parler de son postulat répété sur "la destruction créatrice d'emploi" à venir qui a rebuté beaucoup de sympathisants salariés ou déjà chômeurs.

Mais le malaise vient de plus loin. Bercés par l'illusion des victoires électorales et des places-fortes acquises dans l'opposition sous l'ère sarkozyste, les hiérarques socialistes ont négligé la réflexion de fond, le renouvellement des idées et surtout la clarification de leur ligne politique. Economie sociale de marché ou dirigisme social et économique étatiques ? La ligne de fracture sous-jacente s'est maintenue malgré les "synthèses" accouchées au forceps dans les congrès. Les pesantes "encycliques" verbeuses qui s'en suivaient voulaient donner satisfaction à tous les courants mais aggravaient l'ambigüité, le flou (!), l'inertie et préservaient les chasses gardées.

D'où la désillusion à l'épreuve du pouvoir en 2012 face à un changement de pied radical en matière fiscale et économique: rigueur budgétaire engendrant les hausses d'impôts pour les classes moyennes puis politique de l'offre en faveur des entreprises sans jamais mettre en place la pédagogie nécessaire à la compréhension des enjeux. De plus, la finance devenait alors "l'ennemie" de deux ou trois ministres dévoyés par l'appât du gain. Ce qui rajoutait à la confusion.

Bien d'autres causes sont à l'origine plus ou moins lointaine de cette défaite en rase campagne. L'idéal de progrès social, d'égalité des chances, de laïcité n'en a pas disparu pour autant. Pour le revigorer, il ne suffira pas d'agiter les "moulins à prière" et de réciter les vieux mantras qui servaient de caution morale, comme nous l'avons déjà écrit ici-même. Toute modestie mise à part.  La remise en question s'impose.

C'est sans doute la responsabilité d'une nouvelle équipe. Une partie de la "génération Macron" ne manquera pas d'être déçue, tôt ou tard. D'autres forces régénératrices viendront s'y joindre. A condition que l'aggiornamento ne soit pas un simple replâtrage mais le résultat d'une réflexion en profondeur impliquant une période de questionnement sur les erreurs du passé, les renoncements et les tergiversations. Alors, pourra être élaborée une nouvelle charte des valeurs de la sociale-démocratie pour le futur, sans préjugés ni faux-semblants. Puis une stratégie planifiée. Indispensables à la remontada.

Nous n'en sommes pas encore là. Mais l'espoir pour la gauche progressiste doit renaître.         . A tout prix. Il ne faut plus "désespérer Billancourt", Florange ou Hénin-Beaumont.                  .  Au risque de se perdre de vue..  MB

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PS: A droite, ça ne va pas fort non plus. Beaucoup de têtes sont tombées ou en passe de l'être. Certains perdants remâchent leur échec avec aigreur. Au premier rang desquels, Miss Dati and Miss Morano, sans surprise. Mais le comble est atteint par Henri Guaino qui, vexé de son score de 4%, injurie à distance les électeurs de sa circonscription en les traitant de "bobos égoïstes" et de "bourgeois pétainistes" qui seraient "à vomir".  Voilà des citoyens qui l'ont échappé belle..  . On ne saurait dire si le langage était du même métal dans le bureau du maire d'Arcachon après le décompte final révélant sa deuxième place à 23% derrière la candidate En marche ! en tête avec 40% des suffrages de la circonscription. Même dans son fief municipal, on ne peut plus dire que ça plane pour lui: son étoile y a bien pâli.  Adieu veaux, vaches, cochons, couvées !...

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15.06.17: Après Henri Guaino qui a affirmé que ses électeurs étaient «à vomir», Gilbert Collard, le député FN en ballotage défavorable, s'est lâché à son tour mercredi soir lors d'un meeting en se permettant «d'engueuler» les électeurs du parti d'extrême droite qui ne sont pas allés voter. «Allez voter bande de fainéants !», a t-il lancé à la salle. «Si tous les électeurs du Front avaient voté je passais au premier tour», a assuré le député sortant... Et comme dirait Marionnette:      . "Si ma tante avait des roues, on l'appellerait: Trottinette !.."

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Un dimanche (de vote !) au bord de l'eau...

Un dimanche (de vote !) au bord de l'eau...

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