Distingo dingo..

Publié le 11 Août 2010

"La distinction entre citoyens est contraire au principe d'égalité"
 La Commission nationale consultative des Droits de l'Homme critique les mesures en matière de sécurité et d'immigration du gouvernement.
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La Commission nationale consultative des Droits de l'Homme (CNCDH) est "préoccupée par le discours sécuritaire du gouvernement. L'instance dénonce la succession de déclarations officielles de caractère discriminatoire à l'encontre des gens du voyage, des Roms, des 'Français d'origine étrangère' ou encore des mineurs délinquants et de leurs parents".  

 

La CNCDH

C'est une institution nationale qui assure un rôle de conseil et de proposition auprès du gouvernement.  
Selon son site Internet, la CNCDH est "une institution nationale de promotion et de protection des droits de l'homme qui assure, auprès du gouvernement, un rôle de conseil et de proposition".  

Dans un communiqué publié ce lundi 8 août, la CNCDH "s'inquiète en particulier" des mesures en matière de sécurité et d'immigration qui pourraient être introduites par le biais d'amendements dans le projet de loi sur la sécurité intérieure et celui sur l'immigration, dont l'examen est prévu en septembre au Parlement.  

La Commission "déplore cette méthode d'élaboration de la loi, dans l'urgence et l'improvisation, qui permet de contourner l'avis préalable du Conseil d'Etat et contribue à l'instabilité de notre droit, notamment, dans le domaine sensible du droit des étrangers".  

Mesure "purement symbolique"

La CNCDH souligne que "l'élargissement des cas dans lesquels une personne serait déchue de sa nationalité introduit une distinction entre les citoyens, ce qui est contraire au principe d'égalité".  

A ses yeux, il s'agirait par ailleurs d'une mesure "purement symbolique" qui n'aurait "aucun effet dissuasif et renforcerait de surcroît l'incertitude quant à l'appartenance à la nation de ceux qui ont acquis la nationalité française".  

Elle exprime la même "inquiétude" face au projet de suppression de l'automaticité de l'acquisition de la nationalité française à leur majorité, pour des mineurs nés en France qui auraient été condamnés et à la proposition de loi relative à la responsabilité pénale des parents.  

"Un renforcement des mesures préventives et éducatives accompagnées de moyens humains et financiers semble plus approprié dans un Etat de droit", conclut la CNCDH. (Source: L'Express.fr)


    Les questions de la sécurité et de la croissance ne sont pas indépendantes : les  crises de l’une et de l’autre sont intimement liées.

 Sans sécurité,   il ne peut y avoir de croissance, en tout cas pas de croissance légale ; et pour avoir de la sécurité, il faut pouvoir faire montre d’autorité. Thomas Hobbes avait d’ailleurs, le premier,  montré qu’une violence d’Etat était nécessaire pour permettre à l’économie de marché de fonctionner en garantissant  le droit de propriété et les contrats ; autrement dit,  le contrat social est  la condition de la validité des contrats privés.

Réciproquement, sans croissance légale, il ne peut y avoir de sécurité, car la croissance  seule nous protège du développement de l’économie illégale, de l’économie criminelle, et pire, de l’économie du crime.

Hors, la condition de la croissance légale  ne se réduit pas à  la mise en œuvre d’une politique sécuritaire, car  la  menace de sanctions  n’est jamais  dissuasive  quand la  probabilité de   réussir à gagner honnêtement sa vie est nulle, quand l’univers légal  est moins  attractif que l’univers   criminel.  

 Or,  c’est bien ce qui se passe aujourd’hui dans notre belle France : quand on vient de certains milieux,  la probabilité de réussir à l’école, de trouver un bon métier,     de faire mieux que ses parents, de faire fortune, est nulle.    Les enfants  des quartiers difficiles  sont deux fois plus nombreux que les autres à avoir deux ans de retard  à l’entrée  en sixième. Les habitants de ces banlieues souffrent de bien pire que de l’insécurité : ils souffrent de la certitude que rien de ce  qui constitue les bonheurs de la vie n’est pour eux.    Le gangstérisme devient  alors   la une forme  détournée   de la promotion sociale et la forme  dévoyée   de la  révolution.

Si l’on veut assurer la sécurité et la croissance,  il ne sert donc  à rien  de retirer la nationalité à ceux qui n’en ont  cure, parce que cette nationalité ne leur rapporte rien ;  en  agissant ainsi, on ne fait  que créer un sentiment d’insécurité chez les   Français,  très nombreux, dont au moins un grand père est né  étranger.   Il ne sert à rien non plus d’ajouter  des milliers de policiers  à ceux qui font aujourd’hui courageusement face aux criminels : les moyens ne seront jamais suffisants, et on finira, comme l’ont fait d’autres pays, par abandonner aux bandes une vaste partie du  territoire français.  

La  solution  n’est donc  pas dans une déclaration de guerre aux gangs, mais dans  la mise en valeur des talents de ceux qu’on est en train de laisser  devenir des ennemis de la République.  Il faut pour cela créer les conditions d’une véritable mobilité sociale. C’est possible :   ce qui est en passe de réussir pour le logement avec l’ANRU, peut réussir pour l’école et l’emploi. Il faut pour cela  aller chercher chaque enfant là où il se trouve, lui montrer le chemin de l’école, lui apporter les moyens dont il a besoin ; en considérant  chaque enfant de France comme une chance pour l’avenir du pays.    Comme notre pays l’a toujours fait jusqu’ici.

 Encore faudrait-il qu’on  se souvienne que tout ce qui est grand dans ce pays vient, d’une façon ou d’une autre, au moins en partie,   d’ailleurs ;   et que c’est même une tribu étrangère qui a donné son nom à la  « France ».


Sarko-voyou.jpgCe qui s’est passé est éloquent : le sarkozysme prend l’eau. L’intervention télévisée du 12 juillet dernier a été un flop. La tentative de retourner, avec la complicité du procureur Courroye, l’affaire Bettencourt-Woerth contre ceux qui l’ont révélée, s’est, en fait, elle-même retournée contre les auteurs de cette lourde manœuvre. La virulente offensive dirigée contre les médias indépendants n’a certes pas provoqué la mobilisation de la profession qui se serait imposée, mais elle a libéré des journalistes plus qu’elle ne les a terrorisés.

Résultat ? Les sondages, non rendus publics, indiquent qu’en cas d’élection présidentielle, aujourd’hui (ce qui ne préjuge en rien de demain), Martine Aubry l’emporterait assez nettement, mais, surtout, que Dominique Strauss-Kahn écrabouillerait littéralement le président sortant. Sortant ! D’où l’idée géniale : n’être plus le sortant.


Le sortant, ce n’est pas lui…
Car c’est, finalement, le sens de l’opération grenobloise. On n’est pas en 2010, on est en 2007. Sarkozy arrive. Il vient juste d’être élu. Et, d’emblée, vroum-vroum, il déclare la guerre. La vraie guerre, précise-t-il. A qui ? A quoi ? Au mal, au crime, à la délinquance, à la chienlit, aux trafics, à l’invasion étrangère, aux Manouches voleurs de poules, à la racaille des cités, au bilan de son prédécesseur… Quoi ? Que dites-vous ? Que le prédécesseur, c’était lui ? Pur effet d’optique.

Spectacle hallucinant en vérité. Tout cela ou presque a déjà été dit 20 fois. Les mêmes mots, mais en plus hard. Enième déclaration de guerre. Or, qui a été aux manettes depuis huit ans ? Est-ce à dire qu’on reconnaît l’échec ? L’échec flagrant ? L’échec spectaculaire ? Eh bien oui ! Et c’est cela qui est stupéfiant.
Relisons bien la philippique grenobloise. Aveu de désastre. De déliquescence. Cela va de mal en pis. On ne cherche même plus à donner le change à coups de statistiques truquées fournies par des préfets qui ont été menacés de licenciement s’ils ne fournissaient pas de « bons » chiffres. Oui, les agressions contre les personnes sont en continuelle augmentation. Même le Figaro dispose d’un article – pour l’instant en attente de publication – qui prouve l’ampleur de la manipulation de ces chiffres : 4 % seulement des Français, selon l’Ifop, estiment que la sécurité des personnes s’est améliorée.
Alors, puisque la partie tourne mal, Sarkozy renverse la table.
(extrait du fameux article de JFK à lire en entier pour s'en faire une opinon, en suivant le lien)
  A lire: link http://www.marianne2.fr/Voyou-de-la-Republique-L-article-de-Jean-Francois-Kahn_a196198.html

Alors que ses discours de campagne faisaient l'éloge de la diversité et de la "chance" que représentait l'immigration pour la France, le chef de l'Etat a choisi, dans son discours de Grenoble le 30 juillet, de dénoncer "les conséquences de 50 ans d'immigration non contrôlée". 
 

"Celui qui sacrifie un peu de sa liberté pour un peu de sa sécurité, ne mérite ni l'une, ni l'autre.." (Benjamin Franklin) 

Sarko Caliméro

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