Qui peut le PLU..
Publié le 18 Novembre 2010
Mardi et mercredi derniers, étaient organisés par la mairie d’ Arcachon des consultations publiques sur la révision simplifiée de deux portions du Plan Local d’Urbanisme de la ville . Le but étant de rectifier une version précédente qui avait été annulée par le tribunal administratif pour manque de respect des procédures d’information et de définition. Ce qui n’est déjà pas rien et fait douter de "l'exemplarité" revendiquée par la municipalité.
Les deux zones en question concernent le quadrilatère occupé par l’Aquarium et l'Institut de Biologie Marine ainsi que le parking du petit port où devrait s’exiler ce dernier.
Rappelons les faits. L’Etat et l’Université Bordeaux I,
propriétaires des locaux et du foncier entre le Boulevard de la Plage et la Place Peyneau souhaitent s’agrandir dans des bâtiments neufs. Ils auraient pu le faire sur place si l’Etat avait
bien voulu jouer son rôle en le finançant correctement. Or il n’en est rien, donc l’Université doit vendre son terrain à un promoteur,
espérant en retirer une somme rondelette pour payer sa reconstruction ailleurs ( à condition que la ville lui offre une nouvelle parcelle à
bâtir).
Belle opportunité pour le maire qui guigne cet emplacement depuis longtemps
pour concrétiser son rêve d’y voir, en bord de mer, s’édifier un complexe hôtel****+casino qui déménagerait, libérant ainsi le château Deganne pour y
agrandir le Palais des congrès. Outre l’opportunité d’un tel établissement assenée comme un postulat, se pose le problème de la densité et de la hauteur (20 m) autorisées par le nouveau PLU.
Ajoutons qu’en sus, seraient construits, côté Blv. de la Plage une résidence de logements (accessibles à qui ?) avec commerces. Tout cela nous est présenté au nom de l’intérêt général et ne
fait pas de doute dans l’esprit du maire. Voire. Comme dit la pub :« Nous n’avons pas les mêmes valeurs, Mr Lhuissier !.. ».L’objectif
est connu : faire d’Arcachon un petit Biarritz vivant de sa rente de situation privilégiée où l'on jouerait,toute l'année, Le congrès s’amuse.. Tout un
programme.
L’autre révision concerne le trapèze du petit port (Blv. de la Plage et rue des Marins) où le bâtiment contenant les nouveaux Pôle océanographique et aquarium viendrait s’installer sur un terrain municipal occupé actuellement par un parking de surface et un autre semi-enterré. Là où le bât blesse est que cet immeuble de 20m de haut (encore !) obstruerait gravement cet espace actuellement libre de vue pour tous. Même si on nous le présente comme un édifice vitré sur pilotis (tchanqué ?) à la Le Corbusier.
Lors de ces deux réunions publiques, nul n’a remis en question le bien-fondé de la rénovation de cet établissement scientifique. Les contestations portaient sur la localisation, les accès, les possibilités de stationnement et les perturbations de la circulation aux alentours. Qu’à cela ne tienne ! Beaucoup ont eu l’impression que le projet était ficelé, à prendre ou à laisser. Le maire ne veut absolument pas qu’il aille s’installer ailleurs et nous tint à peu près ce langage : « A cheval donné, on ne regarde pas les dents » . Qui peut le PLU..peut le Moueng..
En outre, un grave incident verbal vint émailler le deuxième débat. Alors que le maire se targuait du soutien des assemblées territoriales à son projet localisé au petit port, Marlène Peyrutie intervint pour dire : « Je m’inscris en faux sur le soutien du Conseil général et du Conseil régional. Ils vont voter sur le principe de l’opportunité du projet, pas de son implantation ». Ce à quoi, le maire répondit : « Ce que vous dites est faux [..] J’affirme que cette dame ment. Madame, faites votre travail mais ne venez pas dire de mensonges ».
Cette diatribe haineuse provoqua dans la salle autant de signes de réprobation que de silences gênés. Sidérés, de nombreux participants assistaient à une de ces crises de colère méprisante généralement réservées à des enceintes plus restreintes. Tout y était : le refus de la contradiction, l’énoncé sans preuve ni démonstration, la grossièreté et, last but not least, la misogynie. A tant de pensée vulgaire, on serait tenté de répondre, dans un autre registre, en citant le proverbe paysan : Ce n’est pas la vache qui beugle le plus, qui a le plus de lait.. MB
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